Conseil municipal du 8 octobre : intervention d’Emmanuelle Rousset
9 octobre 2018
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Le 1er octobre, nous avons lancé la 4ème saison du budget participatif. La première phase se déroule du 1er au 28 octobre avec le dépôt des projets, avant d’être soumis au vote des Rennaises et des Rennais du 18 janvier au 10 février 2019.

Le budget participatif, c’est une petite révolution que nous avons engagée ensemble. Ce n’est pas un gadget, un peu de peinture pour ripoliner des pots de fleurs. C’est un profond changement de paradigme. On part des envies et des compétences de rennais mobilisés pour leur quartier, leur ville et choisis par eux, nous, Rennaises et Rennais.

Le budget participatif n’est pas sans conséquence sur la façon de penser des élus, sur celle des agents également, et sur l’organisation des services. C’est une nouvelle culture, et une nouvelle méthode qui doivent nous pousser à aller plus loin dans le lien de confiance qui nous unit aux citoyens. Car la crise de défiance qui percute notre culture politique ne peut être dépassée à sens unique. La confiance doit être réciproque. Et nous faisons le choix de placer notre confiance en l’expertise citoyenne.

Le budget participatif permet de changer la ville, il est un nouvel outil d’interaction avec ses habitants, une façon de créer la ville à leur idée. Les projets permettent de façonner le territoire, en s’ancrant dans chaque quartier, avec deux projets élus par quartier à chaque édition. C’est au moins 24 projets par édition dont les habitants peuvent choisir l’objet, mais également l’emplacement (après étude de faisabilité bien sûr). Cela permet de favoriser le développement local avec les yeux de ceux qui le côtoient au quotidien.

Si bien que naissent des projets qui donnent à la ville un supplément d’âme. Des projets marqués et marquants par leur caractère solidaire, créatif et innovant.

Quasiment toutes les semaines maintenant, nous inaugurons ensemble un nouveau jardin, une centrale solaire ou un frigo partagé. Cette dynamique doit être maintenue pour continuer à être en phase avec les besoins et le temps des habitants. Et le temps des habitants, c’est aussi d’avoir des moments de pause, des moments sociaux, en famille ou entre amis. Ca veut dire qu’il y a d’autre alternative à la croissance que l’ouverture des magasins le dimanche. Qu’il y a une place pour le commerce de proximité dans nos quartiers mais aussi pour des rencontres culturelles, des découvertes urbaines.

Cette démarche de transversalité et d’innovation, nous la mettons en œuvre dans d’autres secteurs. C’est le cas par exemple du projet Territoire zéro chômeurs qui vous sera proposé tout à l’heure. Cette nouvelle approche de la lutte contre l’exclusion part des territoires et surtout des gens qui y vivent. A partir d’une mobilisation générale multi partie prenantes (entreprises, habitants, associations, collectivités,…), il s’agit de proposer à tout chômeur de longue durée qui le souhaite, un emploi à durée indéterminée et à temps choisi, à partir de ses compétences, en développant et finançant des activités utiles et non concurrentes des emplois existants pour répondre aux besoins des divers acteurs du territoire : habitants, entreprises, institutions…

Nous sommes au tout début de la démarche, celle de l’intention. Mais la aussi, en co construction, nous nous engageons dans une belle aventure, dans la logique des projets de développement durable. Car il devient urgent de réagir. Le GIEC a rendu hier son nouveau rapport. Il demande des transitions rapides et globales.

Par le plan vélo, la SEM Energie, l’amélioration de la performance des batiments, le plan alimentaire durable, l’évolution du PLU avec son coefficient de végétalisation, notre schéma de promotion des achats responsables et bien d’autres actions, la ville agit. Elle doit prendre toute sa place dans cette lutte mais ne peut pas seule y parvenir.

Le gouvernement et le Parlement doivent eux aussi entendre le GIEC et proposer un cadre législatif et des moyens à la hauteur des enjeux.

Rennes est une ville créative et solidaire. La participation, la co-construction et la coopération nous permet et nous permettra d’agir ensemble afin d’assurer un développement local inclusif, résilient, juste et durable.