Adjoint
Conseil municipal du 1er avril : Intervention de Marc Hervé pour défendre les commerces rennais
2 avril 2019
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Le 27 mars, Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, a donné la liste des 222 villes retenues qui pourront bénéficier du Plan national « Action cœur de ville ». Celui-ci concerne les petites et moyennes villes dont les centres et centres bourgs sinistrés, souffrent d’une attractivité en déclin.
Rennes n’est évidemment pas de celle-ci. Elle est le premier pôle commercial du Grand Ouest, bénéficie d’un taux de vacance de ses locaux commerciaux très en deçà de la moyenne nationale, à 6 % environ. Et les commerces rennais représentent 19 % du chiffre d’affaire du commerce métropolitain, positionnant notre cœur de métropole parmi les plus dynamiques.
Cet état de fait ne doit néanmoins pas nous faire oublier que le secteur connait depuis quelques années une profonde mutation, du fait d’une évolution des modes de consommation. Les commerces rennais, comme tous les commerces physiques de centre d’agglomération, n’échappent pas à ce contexte. Cela les oblige, nous oblige à accompagner ces évolutions pour réduire autant que possible les risques de déprise commerciale.
C’est pourquoi nous avons mis en œuvre dès 2016 un plan d’actions élaboré en partenariat avec les acteurs du commerce qui renvoie vous le savez à trois problématiques : l’offre commerciale que l’on souhaite attractive et différenciante, l’identité de la destination commerce de centre-ville et l’expérience vécue par la clientèle.
Si structurellement, et en lien avec la stratégie précédemment décrite, les fondamentaux sont bons, il n’en reste pas moins que ces derniers mois, les commerces du centre-ville rennais ont été mis à rude épreuve, par la récurrence de manifestations qui ont pu être accompagnées de débordements violents. Manifestations à répétition qui, notamment pendant la période des fêtes, ont porté un préjudice important à l’attractivité commerciale de Rennes, et particulièrement de son centre-ville. Après plus de quatre mois de mobilisations, certains commerces sont en grande difficulté.
Dès la fin des fêtes de fin d’année, nous avons mis en place en lien avec Rennes Métropole des mesures de redynamisation commerciale. Tickets de transport et heures de stationnement gratuit ont ainsi été mis à disposition des commerçants et de leurs clients.
La Maire de Rennes a été reçue, avec une délégation de maires des grandes villes de France, le 7 mars, par les ministres Bruno Le Maire et Jacqueline Gourault. Le même jour, le ministre de l’Économie a annoncé des mesures d’aides directes aux commerçants (étalements ou annulations de leur dette fiscale notamment), et a confirmé le déblocage d’une enveloppe nationale de 3 millions d’euros pour financer des animations commerciales dans une dizaine de villes, incluant Paris. Pour ces deux mesures, nous ne connaissons néanmoins toujours pas les critères précis que retiendra le gouvernement.
Vendredi dernier, nous avons déposé au Ministère de l’économie et des finances un dossier sur le plan de soutien au commerce, sur lequel la Ville de Rennes et Rennes Métropole ont travaillé pendant plusieurs semaines, en lien avec le Carré Rennais, l’Union du commerce et la Chambre de commerce et d’industrie de Rennes. Un ensemble de mesures de plus de 500 000 € vont être mises en œuvre via :
– une subvention exceptionnelle de 80 000 € (qui vient s’ajouter aux 190 000 € de subventions annuelles) en soutien des actions d’animation commerciale mises en œuvre par le Carré Rennais,
– la gratuité pour les emplacements des commerces rennais sédentaires lors de la grande braderie du mercredi 26 juin 2019 (20 000 €) ;
– la réduction de 20 % des droits de terrasses sur l’année 2019 (estimé à 100 000 €).
De son côté, Rennes Métropole s’est engagé à appliquer la gratuité sur l’ensemble du réseau STAR pour 4 samedis soit une contribution de 300 K€.
Nous attendons le retour de l’Etat, d’ici fin avril pour voir à quelle hauteur se situera son accompagnement financier. Espérons qu’il ne soit pas compris dans le périmètre des dépenses contraintes par le pacte financier.
Mais si l’Etat semble être à l’écoute des collectivités sur les impacts gilets jaunes, il n’en va malheureusement pas de même sur la question des ouvertures dominicales.
En effet, vous le savez, depuis 1997 et la signature de la première Charte d’Urbanisme Commercial, le travail dans les commerces le dimanche et les jours fériés fait l’objet d’un dialogue social actif entre les élus, les partenaires sociaux et les acteurs du commerce dans tout le Pays de Rennes. Outre le principe du respect du repos dominical, cela permettait notamment de réguler l’ouverture des grandes et moyennes surfaces alimentaires pour préserver les petites surfaces de proximité, et assurer ainsi l’équilibre des entreprises sur le plan de la concurrence.
Aujourd’hui, ces équilibres sont remis en cause par des décisions de justice qui ne permettent plus aux Préfets de prendre les arrêtés entérinant les accords locaux lorsque la situation le justifie.
Face à cette situation préoccupante, un amendement, travaillé avec les élus du territoire, a été adopté par le Sénat en première lecture du projet de loi PACTE, pour donner un cadre légal aux accords locaux sur l’ouverture des commerces le dimanche et les jours fériés, que notre territoire et d’autres ont mis en place depuis de longues années.

Nous avons appelé les députés du territoire à se mobiliser en faveur de cet amendement. À notre grand désarroi, non seulement ils n’ont pas souhaité rencontrer les élus locaux toutes couleurs politiques confondues mais surtout ils ont rejeté en commission, après avis défavorable du gouvernement l’amendement déposé et soutenu par nos sénateurs d’Ille et Vilaine.
Si le projet de loi est définitivement adopté en l’état, les décisions unilatérales d’ouvertures dominicales de moyennes et grandes surfaces alimentaires vont se généraliser et impacter durablement la vitalité des centralités, et l’équilibre entre commerces de proximité et grandes et moyennes surfaces.
Face à ces enjeux, qui fragilisent les commerces du centre-ville rennais, et les commerces de proximité plus globalement, nous restons engagés, et continuerons à défendre avec conviction les intérêts des commerçantes et commerçants rennais.
Marc Hervé