Emmanuelle Rousset, conseillère municipale déléguée aux ressources humaines et au dialogue social
4 février 2021
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Rennaise d’adoption, Emmanuelle Rousset est avant tout une Finistérienne qui a grandi dans le Cap-Sizun au sein d’une famille très militante : « J’avais une brebis à mon nom à Plogoff. » Nous sommes à la fin des années 1970. À cette époque, des habitants s’opposent à la construction d’une centrale nucléaire dans la péninsule bretonne. Mais l’engagement de ses parents, tous deux éducateurs spécialisés, ne s’arrête pas là : militant pacifiste, son père renvoie son livret militaire, comme de nombreux jeunes gens qui mènent des actions similaires de désobéissance civile.

Rapidement, le Larzac devient l’eldorado de la famille qui y passe des étés. Emmanuelle s’imprègne alors en grandissant du militantisme syndicaliste de ses parents, doublé d’un goût pour la vie en communauté et pour le travail social (accueil d’enfants handicapés, chantiers de rénovation, etc.) qui lui ouvrent « un champ des possibles assez large, tout en étant catho de gauche écolo, un mélange un peu bizarre », concède l’intéressée.

À l’adolescence, elle emménage à Quimper et prépare un brevet de technicienne en chaudronnerie. Elle s’impose dans ce milieu très masculin en participant à une mission de coopération avec le Togo, grâce auquel elle monte des projets techniques et agricoles (pompes, panneaux solaires, etc.). Attirée par les cultures tropicales et méditerranéennes, elle fait ensuite un BTS en machinisme agricole à Montpellier. Jeune diplômée, elle enseigne en lycée agricole durant deux ans.

À 23 ans, elle intègre la Confédération paysanne dans la Loire, ainsi que SOS paysans en difficulté, une structure de soutien aux agriculteurs en difficulté, au sein de laquelle elle démêle les parcours individuels des agriculteurs en faisant le lien avec les banques, la mutualité sociale agricole … « J’ai appris de gens d’une humanité sensationnelle, très bienveillants », confie-t-elle.

Après le démontage du McDonald’s de Millau par José Bové en 1999, elle rejoint la Confédération paysanne au niveau national, ce qui l’amène à négocier avec le ministre de l’Agriculture, Jean Glavany sur le dossier « ovins ». En mal de sa Bretagne natale, elle poursuit à la Confédération paysanne d’Ille-et-Vilaine puis reprend des études en développement local à Rennes 1.

Aventurière un brin hyperactive, elle suit le modèle familial en s’engageant dans tout un tas de projet. Elle monte avec Parenbouge, la 1ère crèche en horaires décalés, où, en tant que directrice de la structure, elle approfondit son expérience du dialogue social en négociant avec les syndicats des horaires adaptés aux enfants, aux familles et aux agents. Elle développe ensuite l’économie sociale et solidaire au sein de l’association Réso solidaire, où elle noue des partenariats internationaux, avec le Québec notamment. Et intègre également le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESER) de Bretagne, et est élue à Betton entre 2001 et 2008.

L’année 2013 marque un tournant dans sa trajectoire de vie, puisque Nathalie Appéré lui propose d’être candidate sur sa liste aux élections municipales. C’est ainsi qu’elle devient adjointe au quartier de Maurepas-Bellangerais, Longs champs, Jeanne d’Arc Beaulieu de 2014 à 2020, un mandat « passionnant, profondément au service des habitants, avec cependant une charge de travail importante dont beaucoup de réunions les soirs et week-ends. »

Pour tenir le coup, elle élabore alors une recette miracle : une bonne dose de vélo (elle a relié Blois à Besançon l’été dernier, soit 700 km le long de l’eurovélo 6), beaucoup, beaucoup de légumes à éplucher et des conseils du libraire à dévorer. À cet égard, elle nous recommande De pierre et d’os de Bérengère Cournut, sur le parcours d’une femme inuit, Les mauvaises gens d’Etienne Davodeau, une BD tellement juste sur le militantisme, Et si on parlait de solitude d’Elie Guillou qui parle si bien de Maurepas ou encore Les frères Sisters, un western décalé.


Quel est son rôle ?

Au-delà de représenter l’employeur dans toutes les instances de dialogue social, il s’agit surtout d’impliquer les 6 500 agents de la collectivité dans les projets de service public portés par leur employeur (Ville, Métropole ou CCAS) auprès des habitants.

« Les agents sont précieux et indispensables à la mise en œuvre du projet municipal » car sans eux pas de crèches ni de plan de mobilité, par exemple. Il s’agit donc de veiller à ce que chaque agent trouve du sens à sa mission au service de l’intérêt général.

Il s’agit également de construire une marque employeur, « un ADN de Ville », pour donner envie aux candidats potentiels d’intégrer la collectivité et développer notre culture commune autour des valeurs rennaises du service public Cela nécessite d’être plus pédagogue sur la réalité des métiers, de faciliter aussi les mobilités internes, et de permettre aux agents de se former notamment pour faciliter les 2ndes carrières professionnelles des agents sur des métiers à forte pénibilité.

Un des enjeux durant ce mandat sera donc la qualité de vie au travail. Prévention des troubles musculosquelettiques et des risques psycho-sociaux, anticipation des reconversions professionnelles, articulation de la vie professionnelle et de la vie personnelle sont autant de dossiers importants qui sont mis à l’agenda social afin que les organisations syndicales aient toute leur place sur ces sujets importants pour les agents.