David Travers, adjoint délégué à la solidarité
4 février 2021
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En 1997, sans le savoir, Rennes adopte son futur adjoint à la Solidarité. Alors étudiant à la fac de médecine de Montpellier, David Travers déménage en terres bretonnes pour se spécialiser en psychiatrie, une discipline qui le « fascine » depuis le lycée. Ses études terminées, il exerce en tant que psychiatre à l’hôpital Guillaume Régnier, puis aux urgences du CHU de Rennes. C’est au sein de la commission médicale d’établissement du CHU, dont il est vice-président, qu’il rencontre pour la première fois la Maire de la ville, Nathalie Appéré.

Pour notre spécialiste des troubles psychiques, c’est le déclic qui marque le début de son engagement politique : « J’ai toujours eu envie de travailler avec quelqu’un comme elle », confesse-t-il. De son côté, la maire sortante semble sur la même longueur d’ondes puisqu’elle fait appel à lui, dès 2019, pour animer des ateliers et des débats dans le cadre de sa campagne. Rapidement, et sans avoir jamais été « très manifs » ni membre d’un parti, il devient n°2 de sa liste.

Aux côtés de plusieurs nouveaux élus, il symbolise l’ouverture de l’exécutif rennais à la société civile, voulue et défendue par Nathalie Appéré. Une société civile résolument intéressée par tout ce qui se passe autour d’elle, et dont les diverses formes d’engagement au service de la population renouvellent la manière de faire de la politique.

Car bien que jamais encarté, David Travers s’est souvent mobilisé pour faire changer les choses à son échelle. Plusieurs fois délégué de classe étant plus jeune, il intègre en tant qu’étudiant, les instances de la fac de médecine et revendique même le fait de n’avoir jamais raté une élection de sa vie car « quand il y a un droit de vote, il doit être pris. » Il a dix ans l’année où François Mitterrand devient Président de la République et, à l’époque, il est « très impressionné par ce que représente au niveau sociétal » cette figure totémique de la gauche.

Plus tard, il se construit en puisant dans des œuvres intimement liées à la psychologie ou à la politique, venant de personnalités de tout horizon : d’icônes de la pop-culture, telles que Barbara dont « la mystique, l’émotion et l’énergie ont changé [s]a vie », à des écrivains comme Emmanuel Carrère ou Isaac Asimov, en passant par des dramaturges contemporains : « J’ai un petit faible pour Beckett et Ionesco. Le théâtre de l’absurde ça fait un peu cliché pour un psychiatre, mais je suis profondément ému par leurs pièces. » Il évoque également avec passion la pièce « Incendies » de Wajdi Mouawad dont la représentation au TNB reste « un souvenir gravé dans le marbre. »

Depuis quelques mois, David Travers concilie donc sa délégation à la Solidarité avec ses consultations au CHU. Deux activités qui ont bien plus en commun que ce que l’on imagine, surtout lorsqu’elles sont exercées par une personnalité altruiste, animée par l’envie d’aider au quotidien : « dès le lycée, j’ai voulu faire un boulot tourné vers l’autre, quelque chose qui m’emporte complètement. »

Déformation professionnelle ou pas, c’est tout naturellement que l’éthique et certains préceptes de la psychiatrie nourrissent le 3ème adjoint à la Maire dans l’exercice de son mandat : « à la mairie comme aux urgences, je suis focalisé sur la communication et le dialogue pour désamorcer les conflits et aboutir, par la concertation, à un accord mutuel. Quel que soit le contexte, il faut faire preuve d’empathie et aimer travailler en collectif. À titre personnel, je ne vis que pour cela : œuvrer au milieu des gens. »


Quel est son rôle ?

Par l’animation d’un groupe de travail « solidarité & cohésion sociale », il coordonne les actions des différent.e.s élu.e.s dans le domaine des solidarités, de la santé et de l’insertion sociale en passant par le handicap ou la lutte contre les discriminations.

En tant que vice-président du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), il est garant des actions en faveur des personnes âgées et des personnes en difficulté. Il expérimente, pour cela, de nouveaux dispositifs tels que les maisons de retraite à domicile, le revenu minimum garanti ou encore l’opération « territoires zéro chômeur de longue durée. »

Plus largement, sa délégation à la solidarité l’amène, avec les services de la Ville, à travailler avec plus de 150 associations locales afin de trouver des solutions en matière d’aide alimentaire, de pauvreté des enfants ou encore d’inclusion des femmes et des personnes handicapées. Pour cela, il veille à ce que les projets accompagnés par la Ville prennent systématiquement en compte quatre enjeux : la prise en compte de tous les âges de la vie, la lutte contre les discriminations, le développement durable et la participation citoyenne.

Durant ce mandat, il accompagnera notamment l’automatisation de droit de la « carte Sortir » permettant aux plus modestes de profiter de nombreuses activités culturelles et sportives, sans avoir à en faire la demande. L’objectif est d’inciter les personnes à se saisir des moyens mis à leur disposition par la Ville (comme les tarifs réduits dans les transports, par exemple).

En matière d’accueil des exilés, Rennes envisage de devenir signataire de la charte des villes hospitalières et souhaite fédérer d’autres villes sensibles à cette question. Différents dispositifs d’hébergement de familles avec enfants mineurs sont proposés par la Ville, quitte à pallier aux carences de l’État dont c’est normalement la compétence, le dernier en date étant le centre d’hébergement d’urgence Estrémadure. La politique à l’égard des exilés ne se limitant pas au seul hébergement, il s’agit par ailleurs de valoriser plus largement les richesses que ces personnes apportent au territoire, notamment leur culture, leur langue ou leurs compétences.