Une semaine avec… Tristan Lahais, au cœur de la vie associative
17 septembre 2018
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Tristan Lahais, adjoint à la maire délégué à la Vie associative, partage sa semaine d’élu.


Lundi

Comme à l’habitude, je retrouve mes collègues du groupe socialiste municipal pour balayer l’agenda des semaines à venir et échanger sur l’actualité locale et nationale. C’est un moment important, l’endroit où l’on se forge peu à peu une culture commune, où chacun peut faire entendre son point de vue et livrer ses impressions. Moment à préserver tant l’exercice d’un mandat est, par ailleurs, trop souvent solitaire. S’en suit généralement un petit café sur la place de la Mairie, pour prolonger librement nos échanges et se donner de l’énergie pour la semaine qui s’engage.

A midi, je déjeune avec la maire et mes collègues présidents de commission, à l’hôtel de ville, dans une salle au sous-sol où, chose insolite par nos jours, nos téléphones ne captent pas. L’occasion de travailler sans la tentation des réseaux sociaux et le dérangement des très nombreuses, et parfois discutables, alertes média, et autres facteurs de déconcentration. Préservés de ce tintamarre virtuel, nous faisons le tour des principaux dossiers, en passant en revue les dossiers de chaque commission, de ceux qui exigent un arbitrage rapide, à ceux qui appellent une réflexion de plus long terme.

L’après-midi, j’ai une réunion avec les services de la vie associative et le directeur du pôle pour la préparation du budget 2019. Si l’échéance peut paraître éloignée, le vote d’un budget exige un travail préparatoire conséquent, permettant de faire l’inventaire précis et exhaustif des besoins identifiés et d’avoir le temps des débats utiles à la prise de décision finale. Faut-il le rappeler, cet exercice est rendu plus difficile depuis la décision du gouvernement de limiter la croissance de la dépense des collectivités de grande taille. Alors que toutes les villes (départements et/ou régions) ne se ressemblent pas, que tous ne connaissent pas la même croissance démographique par exemple, nous sommes tous logés à la même enseigne ! Concrètement, nous n’avons pas le droit de dépenser plus qu’1,3% supplémentaire des dépenses de fonctionnement (salaires des agents, subventions, consommation de fluides, alimentation, etc.) exécutées l’an passé. Et ce, pour ce qui nous concerne, alors que la ville s’agrandit, que nous ouvrons de nouvelles écoles par exemple, et que nous devons plus généralement accompagner cette croissance par le développement de services publics adaptés. Je ne m’étendrais pas davantage sur la stupidité de ce mécanisme qui n’a d’autres effets que de venir améliorer l’épargne de la collectivité, utile au financement des investissements (pêle-mêle rénovation de logements, construction d’équipements sportifs ou culturels, aménagement de voirie), dont la mise en service ou l’entretien exigent… des dépenses de fonctionnement, artificiellement bloquées par ce dispositif.

Esquisse d'un projet de bâtiment public
Une esquisse du futur pôle associatif du Blosne.

Le soir, conseil municipal. Petit ordre du jour, mais quelques dossiers importants sont présentés. Pour ma part, j’ai l’honneur de proposer au vote de mes collègues l’approbation du marché relatif au choix de l’architecte retenu pour la réalisation du futur pôle associatif du Blosne. Situé à proximité du Triangle, sur le boulevard de Yougoslavie, destiné à devenir la rambla de ce quartier, il hébergera de nombreuses associations du Blosne et proposera de nouveaux espaces utiles au développement d’activités de loisirs, sportives ou culturelles. Il sera, en particulier, un lieu d’expression des jeunes mais également un lieu de développement des liens sociaux et intergénérationnels dans le quartier, comme en témoigne la décision de reconstruire l’ex-baraque de l’association Ar Maure, au sein de l’équipement.

Mardi

Le matin, travail au bureau, sur les dossiers en cours.

L’après-midi, je participe à une réunion consacrée à la définition des besoins futurs en équipements publics dans le quartier de Maurepas. Avec mes collègues, et tout particulièrement Emmanuelle Rousset, adjointe en charge du quartier, nous nous projetons donc dans quelques années, à l’achèvement de l’opération de rénovation urbaine en cours. Dossier passionnant, aux enjeux très importants, il exige simultanément de travailler sur le long terme mais également sur toutes les phases intermédiaires, les chantiers à venir nécessitant des déménagements de structure, dont nous ne souhaitons pas qu’ils altèrent la permanence du service public ou la pérennité du travail des associations, dont l’importance est toute particulière dans ce quartier.

J’ai, en fin d’après-midi, une autre réunion avec une jeune association qui s’est lancée dans un projet de construction d’une nouvelle salle de musique à Rennes. Nous les recevons avec mon collègue Benoit Careil, adjoint en charge de la Culture, pour travailler avec eux et vérifier la faisabilité de leur projet, ambitieux s’il en est.

Je termine la journée avec une visio-conférence à l’hôtel de ville, avec le Mouvement associatif rennais, et une consultante qui nous accompagne pour réviser nos critères d’allocation de subventions. Ce temps d’échange pour arrêter, notamment, une définition commune de l’utilité sociale, socle du nouveau système que nous voulons mettre en place. Un an après la mise en service du portail numérique, nous engageons ainsi un nouveau chantier important, auquel participent de nombreuses associations. La fabrique citoyenne, c’est aussi cela …

Mercredi

Journée spéciale me concernant : je vais soutenir un mémoire de master 2 à l’université de Rennes 1. J’y passe la journée pour écouter les autres étudiants de la promotion, échanger avec les professeurs… J’en sors donc diplômé en économie publique, avec une spécialité dans le domaine des finances locales, preuve qu’il est possible de se former tout au long de la vie, même lorsque l’on est élu ! Mais, et j’en arrête là, il faut s’accrocher…

Jeudi

Le matin, j’ai une nouvelle réunion avec les services de la vie associative sur différents sujets : expérimentation d’une action en direction des jeunes sur l’espace public à Maurepas, état d’avancement des travaux du nouvel Antipode à Cleunay, choix des futurs gestionnaires de l’équipement du Jeu de Paume en centre-ville et du futur pôle associatif au Blosne…

En fin d’après-midi, je passe au Forum du bénévolat, organisé par France Bénévolat. Près de 500 personnes participent chaque année de ce rdv important pour la vie associative rennaise. Sous les halles des lices, des dizaines d’associations recrutent ainsi de nouveaux bénévoles, venant ainsi faire mentir tous ceux qui, à tort, considèrent que l’engagement associatif faiblirait. S’il se transforme indéniablement, nous constatons à l’inverse une recrudescence de l’engagement dans la ville, que prouve par exemple l’engouement des rennais.es pour le budget participatif. Et nous faisons tout pour l’accompagner, convaincus que cette énergie est et sera des plus utiles pour accompagner le développement de notre ville, enrichir nos cultures, garantir la cohésion sociale et préparer la transition écologique à Rennes.

Le soir, je rencontre, avec les services de la vie associative, l’association Les 3 Regards, gestionnaire de la ferme de la Harpe et du Cadran, équipements situés sur le quartier de Beauregard. Ils viennent nous présenter le travail qu’ils ont engagé pour redéfinir leur organigramme afin de mieux répondre aux objectifs partagés qui ont fait l’objet du dernier conventionnement (2017). Il est tout particulièrement fait état de la jeunesse à Beauregard et nous soulignons les efforts de l’association pour mieux accueillir les jeunes et les accompagner. De nouveau projets font encore débat, comme celui de nouveaux studios d’enregistrement à Beauregard et Villejean, et nous convenons de nous revoir prochainement pour poursuivre ce travail et les échanges.

Vendredi

Au bureau toute la journée, je vais faire un tour, le soir, à la parcheminerie pour « La Parch’ en fête », afin de « jouer, manger, boire, chanter et danser » …

Samedi

Le matin, je m’en vais esplanade Charles de Gaulle pour rencontrer les animateurs de l’évènement « Fabrique », installé sur la dalle et dans les locaux de la Maison des Associations. L’association BUG a réuni de nombreux makers, rennais et de toute la France, qui viennent ainsi exposer leurs réalisations mais surtout proposer à tous les curieux de s’essayer à un travail de conception ou de réparation d’un objet. Des centaines d’écoliers rennais y ont participé le vendredi et des centaines de visiteurs se pressent ce samedi. J’en ressort convaincu qu’il y a là, au-delà de certaines des inventions les plus brillantes, une matière riche pour construire une société plus sobre, où l’on recycle plus que l’on ne rachète, et où tous les talents, y compris manuels donc, peuvent pleinement s’épanouir et être reconnus.

L’après-midi, visite des Portes Mordelaises dans le cadre de l’opération Rennes 2030 Cœur de Ville. Ballade très riche, habitants nombreux, et météo resplendissante, le moment est des plus agréables. Là encore, le sentiment que nous avançons dans la bonne direction, celle de la redécouverte de notre patrimoine et d’un centre-ville plus apaisé, plus lent et en définitive plus agréable à vivre.

Fortification médiévale
Les Portes Mordelaises seront bientôt au cœur d’un nouveau parc public, Le Jardin des Remparts

Dimanche

Matin, repos (et pour tout dire footing aux étangs d’Apigné).

L’après-midi, petite visite à l’association pour un café associatif à la ferme des Galets, aux Longchamps, quartier de mon enfance. Ce projet, lauréat du budget participatif, avance si bien que le lieu est proposé en visite aux Journées du patrimoine. L’occasion pour les habitants de découvrir ce futur lieu de convivialité dans le quartier. Il reste toutefois des questions à traiter, sur le bâti (concernant le nombre de niveaux à réaliser par exemple), comme sur la future exploitation (engagement d’un salarié ?). Nous convenons de nous revoir prochainement, le conseil d’administration et moi-même afin que tout soit prêt à l’ouverture, fin 2019 ou début 2020.

Et ensuite, rien, c’est déjà presque lundi.